(Au
maire Régis Labeaume) — Monsieur le maire... un peu de
baume sur les étiquettes, je vous en prie! Au sujet de la
fluoration de l'eau à Québec, la lecture des récents journaux
est loin de nous avoir édifiés. Vous accusez l'opposition de
faire du «Terrorisme écologique» «Honte au Renouveau municipal».
Qu'est-ce que ce langage? Y a-t-il eu mort d'homme? Serions-nous
en pleine démagogie? À cet égard, nous pourrions vous qualifier
de «terroriste économique», à vouloir continuer à fourguer
aux citoyens et citoyennes de Québec des résidus que l'industrie
de l'aluminium souhaite rentabiliser. (Note
d'AFQ: bien que le fluorure ajouté à l'eau potable du Québec
était autrefois in résidu de l'industrie de l'aluminium, il
provient désormais des résidus émis par l'industrie
des engrais phosphatés de la Floride. Des information plus
récentes suggèrent qu'il proviendrait également de la Chine -à
confirmer-, en raison d'une pénurie de ce produit.)
Allons! Croyez-vous vraiment que les débats doivent se faire
ainsi, seriez-vous dans le camp de certains hockeyeurs : à défaut
de gagner sportivement, nous les battrons aux poings ou aux
mots...?
Le débat à Québec est mal engagé et voilà pourquoi
l'opposition a raison. Ce genre de décision doit se prendre au
niveau provincial. Qu'est-ce qui a bien pu piquer la Santé
publique du Québec pour se lancer dans cette histoire municipale?
(Ses dirigeants) ne sont-ils pas très occupés avec l'épidémie
de cancer à Shannon, ont-ils terminé l'analyse de la santé des
résidants de Roxton Pond qui ont bu de l'eau aux hydrocarbures
pendant 30 ans, ont-ils terminé l'analyse des puits artésiens de
Chaudière/Appalaches et leur niveau cancérigène de
nitrite-nitrate et où en sont-ils avec leur campagne de peur à
propos du plomb dans les tuyaux des aqueducs, pas dans les résidences
privées et pas dans toutes les villes?
Ici, à Eau Secours! nous savons au moins une chose : le dossier
est provincial, comme celui de la malbouffe, comme celui du
cancer, comme tous ces dossiers que des ministres en mal de
coupures de budget tentent de refiler aux «Villes et villages en
santé».
On veut nous faire pleurer avec les enfants pauvres qui auraient
trop de caries? Que dit monsieur le ministre de la Santé à
propos de tous les enfants qui boivent de l'eau et dont les résidences
ne sont pas raccordées à un réseau d'aqueduc de ville? On les
laisse tomber… comme l'ont fait les politiciens qui ont aboli le
système de soins dentaires pour tous (universel). Dès lors, les
enfants pauvres et leurs parents ont été laissés à eux-mêmes.
La Coalition Eau Secours! n'est pas prête pour l'instant à
recommander la fluoration. Nous examinons présentement ce sujet
de façon très approfondie. Déjà nous savons que la
consommation résidentielle ne représente qu'un pourcentage de la
consommation d'eau totale. Et, sur le plan de la consommation résidentielle,
moins de 1% de l'eau destinée à la résidence est bue ou utilisée
pour l'alimentation. L'eau sert à 30% pour la toilette, à 30%
pour l'arrosage et la piscine, à 20% pour le lavage des vêtements
et de la vaisselle et à 19% pour les bains et douches. Est-ce que
cela vaut la peine de rajouter un autre produit chimique pour un
très petit pourcentage d'utilisation?
Il faut également tenir compte de tous ceux qui se brossent les
dents et pour qui cet ajout n'est pas nécessaire de même que de
tous les impacts de la fluoration sur la faune et la flore. Bref,
nous sommes loin d'être convaincus que c'est la bonne solution
pour régler le problème dentaire de la population à risque.
Ceux qui vendent le fluor sont assurément ceux qui ont le plus à
gagner. Et, que dire de la rumeur relative à l'intérêt dans ce
dossier des producteurs d'aluminium, qui sont les principales
sources de rejet de fluor dans l'environnement?
Au lieu de dépenser des centaines de milliers de dollars sur une
base annuelle pour fluorer l'eau, les municipalités devraient
peut-être suggérer au ministre Couillard de tenter de
sensibiliser les services de garde des écoles gérés par le
ministère de l'Éducation qui interdisent le brossage des dents
aux enfants à l'heure du lunch et, pourquoi ne pas offrir des
brosses à dents et des tubes de pâte dentifrice aux familles
dans le besoin! Ce serait trop simple!
D'ici une décision provinciale, monsieur le maire, je vous
demande de pondérer vos épithètes à l'égard de vos
concitoyens.