Pierre
Jean MORIN, Ph.D. en médecine expérimentale et Gilles PARENT,
ND.A. Coauteurs de «La fluoration : autopsie d’une erreur
scientifique» 2005. Experts du Front commun pour une eau saine
Lettre
recommandée adressée à monsieur Claude Lamarre
Ministère de la santé et des services sociaux
1075, chemin Sainte-Foy
Québec (Québec) G1S 2M1
le 23 avril, 2010
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Monsieur
Claude Lamarre,
Il est important que le ministère de la Santé et des services
sociaux du Québec soit bien au fait des tenants et aboutissants de
la fluoration.
Or, en 1974, avant que le ministère de la Santé et des services
sociaux ne propose la fluoration de l’eau potable comme mesure de
santé publique au Québec, il a sûrement dû évaluer tous les
impacts potentiels de la fluoration sur la santé humaine et sur
l’environnement, s’assurer que cette mesure respecte les lois fédérales
et provinciales et qu’elle ne rentre pas en conflit avec la Charte
des droits et libertés et le code de Nuremberg.
Pour ce faire, il est certain qu’il a dû s’assurer
d’effectuer toutes les études, les analyses et les vérifications
nécessaires. Or des faits très troublants ont été découverts
ces dernières années qui soulèvent de graves inquiétudes sur la
compétence du Ministère à bien évaluer la légalité, l’éthique
et les règles à suivre dans l’application de cette mesure de
santé publique qu’est la fluoration.
Il est important de connaître le rôle, l’implication et la
responsabilité qu’a eu et que continue d’avoir le ministère de
la Santé et des services sociaux du Québec dans ce dossier.
En conséquent, il est nécessaire de bien connaître ce que savait
et ce que sait exactement le ministère de la Santé et des services
sociaux du Québec sur la fluoration, comment il a assuré le suivi
et la mise à jour de ses connaissances, de quels organismes fiables
et de quelles études il a obtenu ses informations et comment il
s’est acquitté de sa responsabilité d’en vérifier
l’exactitude avant de lancer et de continuer à promouvoir cette
mesure.
Cette
demande soulève des aspects inquiétants qui exigent une nouvelle réévaluation
pour que le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec
puisse s’acquitter diligemment, sans trop de préjudices, de ses
devoirs de protéger la santé et les droits de ses citoyens.
Si
nous faisons la demande de la liste des études scientifiques et des
documents relatives à chacun des aspects de la fluoration sur
lesquelles s’appuie le Ministère c’est pour être en mesure
d’évaluer la valeur et la rigueur des arguments scientifiques des
tenants et des opposants à la fluoration. C’est avant tout
pour protéger la santé et les droits de ses citoyens. Le débat
sur la fluoration a duré trop longtemps et ce n’est pas
uniquement de la faute des opposants.
À ce propos et afin d’ouvrir des perspectives d’analyses plus
globales, voici la conclusion du rapport du comité sur la
fluoration des élus du conseil du comté de Hampshire, Angleterre :
«Le
portrait [de la fluoration] est loin d’être clair et l’aspect
le plus frappant que nous avons trouvé est l’ampleur de «
l’inconnu». Monsieur John Doull, (01) professeur émérite
du Centre médicale de l’Université du Kansas, qui a présidé
l’Académie nationale des sciences des États-Unis qui s’est
penché en 2006 sur le sujet, a commenté sur le nombre de questions
restées sans réponse et sur l’absence de certaines informations:
« Je crois que c’est pour cette raison que la fluoration est
encore remise en question tant d’années après son lancement.
Face à l’ignorance, la controverse prolifère.»
Pour le même motif, nous avons eu recours comme notre base de référence
à la Révision de l’Université York, (02) dont les conclusions
font encore autorité et qui sont d’une manière générale
confirmées par les études récentes telle la révision systématique
du Gouvernement de l’Australie de 2007.»
En
se penchant sur les 214 études sérieuses qu’elle a pu trouver
dans toute la documentation scientifique, la direction de la Révision
de l’Université de York est arrivé à cette étonnante
conclusion sur la fluoration de l’eau potable :
«
Cette révision présente un résumé des meilleures études
scientifiques disponibles et fiables sur l’innocuité et
l’efficacité de la fluoration de l’eau. Étant donné le
niveau d’intérêt qui entoure la question de la fluoration de
l’eau potable, il est surprenant d’apprendre que si peu de
recherches de haute qualité aient été effectuées.» Il
continue en suggérant que « toutes les recherches futures sur
l’innocuité et l’efficacité de la fluoration de l’eau
devraient être menées avec une méthodologie approuvée pour améliorer
la qualité des fondements scientifiques existants.»
(Traduction)
La
preuve scientifique de l’efficacité et de l’innocuité de la
fluoration de l’eau potable selon les auteurs de la Révision
York, qui est la référence par excellence, est loin d’être
convaincante conséquemment à la pauvre qualité méthodologique
des études sur le sujet et leurs faibles nombres. En conséquence,
il est important de connaître exactement la liste des études et
des documents qui ont servi à le ministère de la Santé et des
services sociaux du Québec pour arriver à des conclusions souvent
contradictoires sur la nature des fluorures utilisés pour la
fluoration ainsi que sur l’efficacité, l’innocuité et la légalité
de cette mesure et à en faire la promotion.
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Relativement
à la nature des fluorures, le Dr Bill Osmunson, DDS,
a obtenu l’opinion suivante auprès du Washington State
Board of Pharmacy (BOP) qui stipule que lorsque les
fluorures sont utilisés pour la prévention, l’atténuation
ou le traitement d’une maladie, ils sont considérés
comme étant des médicaments :«Fluoride
is a legend drug regulated under chapter 69.41 RCW. RCW
69.41.010 that defines a ‘legend drug’ as drugs ‘which
are required by state law or regulation of the state board
of pharmacy to be dispensed on prescription only or are
restricted to use by practitioners only.’
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In
WAC 246-883-020(2), the Board specified that ‘legend drugs’ are
drugs which have been designated as legend drugs under federal law
and are listed as such in the 2002 edition of the Drug Topics Red
Book.»
D’après
l’Association nationale des organismes de réglementation de la
pharmacie les fluorures et ses sels sont des médicaments
classés dans:
•
Annexe des stupéfiants ( I) pour les produits de fluorure qui
ont un dosage supérieur à 1 mg et requièrent une prescription.
•
Annexe G (III) pour les produits de fluorure
qui ont un dosage de 1 mg ou moins et ils ne peuvent être achetés
qu’en pharmacie. (03)
Dans
une lettre datée du 7 janvier 2010 de la Base de données des médicaments
et des produits de santé homologués par Santé Canada, que madame Carole
Clinch (04) a reçue en réponse à sa demande, Santé
Canada précise que les fluorures utilisés pour la
fluoration de l’eau sont maintenant classés en tant que Produits
de santé naturels (PSN) mais qu’aucune demande d’homologation
n’a encore été déposée. Ce point est crucial et déterminant
et a de sérieuses implications légales!
Les
fluosilicates, les agents de fluoration les plus utilisés, ne sont
pas, non plus, dans la liste de la monographie «Produits
anticaries contenant du fluorure». (05)
Ceci
confirme de nouveau que les fluosilicates ne sont pas homologués.
Dans
la pétition environnementale No. 221B déposée par Mme Carole
Clinch sous la Section 22 de la Loi du Vérificateur général
du Canada, Santé Canada a répondu qu’elle n’a pas d’études
toxicologiques sur les fluosilicates et qu’elle n’avait pas la
responsabilité d’en tester l’innocuité :
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«Health
Canada has not conducted toxicology studies on
fluorosilicates. The department works with
certification and accreditation bodies to help meet this
goal, but has no mandate or authority regarding the
certification process. Health Canada also works
collaboratively with provincial and territorial governments,
who are responsible for the safety of drinking water.»
«Health Canada does not conduct research on the chemistry
of fluoride species.»
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Dans
ces conditions, il est donc clair que les fluorures utilisés pour
la fluoration de l’eau devraient être considérés comme des médicaments
ou comme des produits de santé naturels et que, sans ces tests de
toxicologie et des analyses pharmaceutiques sur chaque lot d’agent
de fluoration, leur innocuité n’est malheureusement et absolument
pas démontrée. Il semble impossible d’identifier un
organisme légalement responsable de l’exécution des tests
pharmaceutiques sur la qualité et l’innocuité des agents de
fluoration. Pourtant on répète sans cesse que les fluorures utilisés
pour la fluoration sont efficaces et sécuritaires.
Le
Ministère persiste aussi à entretenir une confusion sur la nature
et les fonctions des fluorures utilisés pour la fluoration. Il
y a deux choix possibles : ces fluorures sont soit de purs additifs
pour le traitement de l’eau pour la rendre potable ou soit des médicaments
ou des produits de santé naturels qui visent la prévention et le
traitement d’une maladie, la carie dentaire, chez les individus
qui les consomment.
En
fait, les fluorures servant à la fluoration de l’eau sont traités
tantôt comme des additifs, tantôt comme médicaments selon qu’on
cherche dans le premier cas à contourner la Loi des aliments et
drogues qui obligent leur homologation en tant que médicaments si
une allégation thérapeutique s’y attache ou, dans le deuxième
cas, qu’on souhaite en faire la promotion en leur conférant un
effet thérapeutique protecteur contre la carie.
Pourtant
ces fluorures ne sont pas des additifs qui visent à rendre l’eau
plus potable mais bien des médicaments cherchent littéralement à
traiter les patients qui les consomment. Dans le cas dans la
fluoration, les mérites thérapeutiques anticariogéniques des
fluorures sont vantés et soulignés sans cesse. Ils ne
peuvent tout simplement pas être les deux à la fois : des
additifs et des médicaments.
Relativement à la Loi des aliments et drogues, dans le cas où les
fluorures seraient un additif, il serait alors illégal
d’attribuer aux fluorures une quelconque action thérapeutique.
Dans le cas où les fluorures sont utilisés dans le but de prévenir
et traiter la carie dentaire, ils deviennent automatiquement, par définition
et au sens de la Loi des aliments et drogues, des médicaments.
Dans la dernière hypothèse, ils seraient administrés sous une
forme posologique qui serait l’eau potable et les aliments préparés
avec cette eau. Cette réalité de la forme posologique pose
problème car elle implique une sérieuse lacune de contrôle de la
posologie malgré une concentration déterminée car elle rend
l’administration de la posologie très aléatoire et incontrôlable :
la dose quotidienne est dépendante des variations de la
consommation d’eau du robinet par le patient. Aucune
mesure de santé publique ne peut prétendre à la rigueur
scientifique sans le contrôle de la dose quotidienne de l’agent
thérapeutique (mg/kg de poids corporel/par jour). S’il y a
allégation thérapeutique, alors les fluorures sont des médicaments,
même s’ils sont inclus dans la catégorie des produits de santé
naturels, il doivent alors être gérés comme tels par les autorités
de la santé, c’est-à-dire avoir subi les tests de caractérisation
et de toxicologie, être homologués, être administrés de façon
professionnelle (administration sous une forme contrôlable qui
assurerait une posologie précise et sécuritaire et non aléatoire)
et avoir obtenu le consentement éclairé et préalable de chaque
patient avant de leur être administrés.
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Pourtant
ce n’est pas le cas. Pourquoi?
Notez que cette démarche de révision est extrêmement
importante, voire cruciale car l’évaluation de cette
mesure de santé publique doit reposer sur une rigueur
scientifique indiscutable parce que la mesure est imposée
à toute une population sans le consentement individuel et
que, par conséquent, une erreur sur l’efficacité ou sur
l’innocuité de cette mesure pourrait avoir de graves conséquences
juridiques pour les ordres professionnels qui l’ont appuyée,
pour les gouvernements qui l’ont recommandée et/ou
qu’ils l’ont financée et pour les municipalités qui y
ont eu, qui y ont ou qui y auront recours.
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Chacune
des professions de la santé et chacune des professions relatives à
l’environnement ont, par leurs compétences et leur expertises spécifiques,
la responsabilité et le devoir d’en faire une analyse et une réévaluation
à la lumière des études plus récentes, des revues complètes des
dernières années et des révélations toutes récentes sur la
nature des agents servant à la fluoration. Nous pensons
qu’il est de la responsabilité légale, morale, éthique, civique
et collective de tous de nous poser véritablement toutes les
questions fondamentales relativement à cette pratique de santé
publique. La Révision York, le rapport du National Research
Council de l’Académie des sciences des États-Unis et celle du
gouvernement de l’Australie mettent en évidence
la faiblesse de la preuve de l’efficacité et soulignent des
questions sérieuses relativement à l’innocuité de la fluoration
d’autant plus que l’on a peu de réponses fiables dû au manque
flagrant d’études de grande qualité, bien conçues et qui
respectent la rigueur scientifique. (06)
À
ce stade du débat, il est important d’obtenir des informations
claires et précises sur toutes les implications du recours à la
fluoration de l’eau potable. Dans ce but, en vertu de
l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels,
relativement à l’appui qu’a toujours donné le ministère de la
Santé et des services sociaux du Québec à la fluoration de
l’eau potable, nous désirons recevoir tous les documents suivants:
... (Note d'AFQ: la demande détaillée d'accès à l'information
sera disponible en ligne prochainement).
Références
01
John Doull, professeur à l'Université du
Kansas
02
Révision de l’Université York (the York
Review, 2000)
03
D’après l’Association nationale des
organismes de réglementation de la pharmacie les fluorures et ses
sels sont des médicaments (www.napra.org)
classés dans : Annexe des stupéfiants ( I) pour les produits
de fluorure qui ont un dosage supérieur à 1 mg et requièrent
une prescription et Annexe G (III) pour les produits de fluorure qui
ont un dosage de 1 mg ou moins et ils ne peuvent être achetés
qu’en pharmacie
04
Carole
Clinch BA BPHE Spokesperson & Research Coordinator People for
Safe Drinking Water
05
Vers les site internet de Santé Canada:
Produits anticaries contenant du fluorure
06
McDonagh, M., Whiting, P.,
Bradley, M. Cooper, J,. Sutton, A. Chestnutt, I. Misso, K.,
Wilson, P., Treasure, E. et J. Kleijnen. 2000. A Systematic Review
of Public Water Fluoridation. NHS Centre for Reviews and
Dissemination, University of York, York, 7 UK. (Version complète)
ou McDonagh, M. S., Whiting, P.F., Wilson, P. M., Sutton, A. J.,
Chesnutt, I., Cooper, J., Misso, K., Bradley, M., Treasure, E. et J.
Kleijnen. «Systematic review of water fluoridation». dans BMJ,,
vol. 321, 2000, p. 855-859. (Version résumée) National Research
Council, du National Academies, Fluoride in Drinking Water - A
Scientific Review of EPA’S Standards – The National Academies
Press, Washington, D.C., 2006, 450 pages. Il est
disponible sur le web à: www.nap.edu
Australian Government National Health and Medical
Research Council, A Systematic Review of the Efficacy and Safety of
Fluoridation, Décembre, 2007
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