«Homo
toxicus»: corps en péril
Le vendredi 28
mars 2008, Normand
Provencher, Le Soleil,
Québec
Pour
les besoins de son documentaire Homo Toxicus, Carole Poliquin a fait
analyser son sang afin de connaître sa concentration en substances
toxiques. À sa grande surprise, elle a découvert que son organisme
renfermait des traces de mercure plus élevées que la moyenne.
Rien de
dramatique, mais assez pour lui faire réaliser que ses cinq ou six
repas hebdomadaires de poisson avaient entraîné des répercussions
sur son organisme. Le mercure, ou une autre substance inconnue,
était-il responsable de ses problèmes de glande thyroïde? Elle ne
le saura jamais. Pour le reste, «c’est rassurant d’avoir des
taux normaux de susbtances toxiques...» ironise-t-elle.
Homo Toxicus est le résultat des recherches de la documentariste
pour brosser le tableau le plus vaste possible des répercussions
des contaminants sur le corps humain. À travers les témoignages de
plusieurs spécialistes d’ici et d’ailleurs, son film se fait
l’écho inquiétant des effets sur le corps humain des 100 000
molécules chimiques disséminées dans l’environnement. Autant de
pesticides, d’hormones, de métaux lourds et autres perturbateurs
endocriniens dont les effets à long terme sur l’homme sont
difficiles à prouver.
Carole Poliquin s’est rendue au Nunavut pour rendre compte de la
forte intoxication des Inuits au BPC et au mercure. Ces
concentrations comptent parmi les plus élevées au monde. La
consommation de poissons contaminés est mise au banc des accusés.
«On ne le saura jamais, car chacun de nous est différent et les
causes (des maladies) sont multi- factorielles», explique la
cinéaste montréalaise, en entrevue au Soleil. «Chacun d’entre
nous a son propre génome. C’est pour cette raison qu’il est si
difficile de prouver l’effet d’une substance (sur l’éclosion
d’une maladie). Les compagnies ont beau jeu en disant que si
c’était leur produit le responsable, tout le monde serait malade.
Or, nous ne sommes pas égaux devant l’environnement.»
Témoignages troublants
La réalisatrice a également fait un crochet dans la région de
Sarnia, en Ontario, où une communauté amérindienne de la «Chemical
Valley» vit entourée de raffineries et de centrales thermiques au
charbon. Les effets des polluants ont entraîné chez les habitants
une multitude de maladies, dont une augmentation importante des
fausses couches. Fait intrigant : il naît dans cette région deux
fois plus de filles que de garçons. Des observations sur des
animaux démontrent d’ailleurs une hausse alarmante de
spécimens affligés de problèmes du système reproducteur. Encore
là, le lien de cause à effet entre ces maux et la pollution est
difficile à établir noir sur blanc.
Même si la cinéaste refuse d’être alarmiste, elle n’en
demeure pas moins troublée par tout ce qui lui ont raconté les
médecins et autres scientifiques — «pas des deux de pique».
«L’un d’eux (le Dr Michel Fournier, titulaire de la chaire de
recherche en toxicologie du Canada) dit que les effets endocriniens
perturbateurs dans la nature risquent de se produire chez l’humain
dans la deuxième ou troisième génération. Il y a des signaux que
la nature, dans son intelligence, nous envoie.»
Homo Toxicus est présenté au FC3A demain, à 12h, au cinéma
Cartier, et dimanche, à 15h, à la salle Multi.
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Voir
aussi :
Des
molécules perfluorées trouvées dans le sang des
Politiciens !
Des
dizaines de produits toxiques coulent dans les
veines des élus fédéraux, comme dans celles de
l'ensemble des Canadiens du reste. Une enquête du
groupe Défense environnementale.
Cliquez
ici.
Le
teflon : un nouveau scandale sanitaire ? Paru
dans L'Écologiste.
Patricia Thomas. Cliquez
ici
Teflon
et décalage toxique.
Article paru sur le site de La
maison du 21e siècle. Cliquez
ici
Les
PFOA : les nouveaux BPC ?
Article paru dans PasseportSanté.net
(22 avril 2003). Jean-Benoit Legault. Cliquez
ici
L’art
de la cuisson saine.
Article paru dans le site de buddhaline.net (Novembre 2000). Jeanne
Dumont. Cliquez
ici
Fluor
et environnement: L'Accord
sur la qualité de l'eau des Grands Lacs signée
par le Canada et les Etats-Unis inclue les
fluorures dans sa liste de substances polluantes
dangereuses pour l’environnement:
Cliquez
ici.
Scientifiques et ONG dénoncent la "pandémie silencieuse"
créée par la pollution chimique.
Selon
un article paru dans le journal médical The
Lancet (2006), plusieurs substances, dont les
fluorures, sont des neurotoxiques et sont suspectés de causer des troubles de la mémoire, des troubles du comportement et des retards
intellectuels.
Cliquez
ici.