
|
|
Réplique du Dr P.-J. Morin à la lettre du Dr Alain Poirier publiée dans le journal Le Soleil le 17 mars 2008
Fluoration de l’eau La direction nationale de Santé publique manque de rigueur scientifique Le
16 avril 2007, un vote majoritaire du conseil municipal annonçait
l’arrêt de la fluoration de l’eau à Québec, à moins
qu’elle ne soit imposée par le provincial. Ce geste
éclairé, responsable et courageux, des élu(e)s de Québec, mérite
d’être salué. Ébranlant un dogme, leur décision s’ajoute à celle des nombreuses villes, dont Montréal et
Vancouver, qui ont dit non à la
fluoration de l’eau, n’étant pas totalement convaincues ni de
l’efficacité, ni de l’innocuité de cette pratique. Mise à jour scientifique sur ce
dossier On
ne peut ignorer le
nombre croissant d’études
scientifiques questionnant cette pratique. Dans sa lettre
ouverte (le Soleil, 17 mars), le directeur national de la santé
publique, Dr Alain Poirier, se réfère à une étude stipulant que
les enfants fréquentant les écoles des secteurs ou l’eau est
fluorée à Québec ont de 30% à 40% moins de caries dentaires que
ceux des autres secteurs. Les
experts du FCES
souhaitent évaluer la validité scientifique de cette étude, dont
les particularités méthodologiques ne nous ont pas encore été
transmises. À ma connaissance, cette étude n’a jamais été
publiée, ni révisée par les pairs. Sa crédibilité scientifique
reste à démontrer. D’ailleurs, sur plus de 3000 études sur le
sujet, l’Université
York (2000) n’en
a retenu que 214 pour leur
valeur scientifique. Parmi
elles, le rapport du Gouvernement de l’Ontario (Locker
et al.,1999), qui affirme qu’aucune réduction de la carie
dentaire ne peut être associée à la fluoration.
Des faits irréfutables occultés par
la DSP En
novembre 2006, l’Association dentaire américaine (ADA) émettait
un avis
conseillant aux parents d’éviter l’eau fluorée dans les préparations
destinées aux nourrissons. La DSP, pourtant avisée depuis janvier
2007, n’a malheureusement pas averti les parents du Québec. Autre
scandale: la DSP passe sous silence deux études très importantes. Dans l’une d’elles, le Dr
Bassin, (Harvard 2006) établit
un lien entre la fluoration et l’augmentation de l’incidence du cancer
des os chez les jeunes garçons.
Dans une autre, l’U.S.
National Research Council (2006)
affirme qu’on ingère déjà trop de fluorure, malgré de nombreux
risques bien réels : fluorose, cancer,
troubles neurologiques, endocriniens, immunitaires, etc. Enfin, le
procès de Pennsylvanie sur la fluoration (1978) a validé l’étude
de Burk-Yiamouyiannis
qui conclut que la fluoration de l’eau
entraîne 20 à 30 décès additionnels dus au cancer
par 100 000 habitants annuellement. Je
reconnais qu’il est difficile de remettre en question la rigueur
scientifique de certaines institutions, telle la Direction de la
Santé publique (DSP). Toutefois, l’histoire de la fluoration et
les dernières recherches
scientifiques montrent que ces grandes institutions ont entériné
cette pratique sans en avoir rigoureusement examiné la valeur
scientifique. C’est pourquoi, à mon avis, s’il devait y avoir
un débat public sur la question à Québec, il devrait être
orchestré par un organisme « indépendant», par souci
d’impartialité et pour préserver le droit d’interrogation, de
part et d’autre. --------------------------------------------------------
Alain Poirier, Directeur national de santé publique (Lettre à la population de la ville de Québec)
— Le conseil de la Ville de Québec a pris la décision de cesser,
dès le 1er avril prochain, la fluoration de l'eau potable. La résolution
adoptée en avril dernier par les membres du conseil est clairement
contraire à l'intérêt public. À titre de directeur national de
santé publique, mon devoir est donc d'informer la population sur
les conséquences de cette décision, qui compromettra les acquis
des dernières décennies et aura un effet irréversible sur la santé
buccodentaire de la population.
|